Comme dirait Max Bird, « reprenons depuis le début ! » : Le chien ne fait PAS de bêtises (et il ne se sent pas non plus coupable d’avoir mangé votre canapé Ikea, si si !).

Tel qu’on le connaît, le canis familiaris n’a pas de société, de religion, de code, de culture basée sur des morales et des notions de bien et de mal. Il va simplement chercher la satisfaction de ses besoins à un instant T dans son environnement et soulager son état (excitation, frustration, ennui, stress…). Il vit dans le moment présent avec sa vision personnelle du monde. Et comme j’aime à le rappeler, le chien est un parfait opportuniste = Il saisit les opportunités qui se présentent à lui.

Prenons un exemple sur l’homme. Si je suis disons, dans la « dèche » et que je vois le portefeuille de quelqu’un tomber au sol avec un billet de 50 euros qui en dépasse, plusieurs options s’offrent à moi.

Ce qui m’empêche de simplement prendre cet oseille, ce serait mon sens moral et mes valeurs. Mais si je n’avais pas cette conscience là, et les apprentissages que j’ai eu dans cette société, peut-être que mon action aurait été de prendre l’argent. Vous suivez ?

Donc pour nous ce serait (En simplifiant et en enlevant les facteurs économiques…Etc) :

Mais si vous enlevez certains éléments, nous avons ceci :

Transmutons cet exemple sur le chiot maintenant qui vole le délicieux saucisson sur la table basse durant l’apéro avec Tata Huguette et Tonton Jean Phi !

Le schéma change en revanche lorsqu’il y a un apprentissage qui a été fait !

Le chien va réagir à la conséquence d’un comportement, par exemple, à force de réprimander un chiot qui fait ses besoins à l’intérieur alors que le petit bichou ne peut pas physiologiquement se retenir, le chiot apprend que lorsqu’il y a un caca par terre dans la maison ou une flaque, il se fait réprimander (certains chiots se mettent même à manger leurs excréments pour camoufler le « délit »).

Donc si je renverse un verre d’eau au sol et que je passe mes nerfs sur lui, le petit boudin aura la même réaction que si il avait lui même fait pipi ! Il n’a pas conscience que c’est une bêtise, mais il a conscience qu’une sanction l’attend.

J’entends souvent lors de mes bilans comportementaux «Quand il fait une bêtise, il le sait, ça se voit à son attitude, il se sent coupable, il se cache avec sa tête basse, ses oreilles plaquées…etc». Et bien sachez que … non !

Et c’est bien dommage que je ne récolte pas une pièce à chaque fois que j’entends cette phrase parce que sinon je serais déjà à Hawaï avec un petit cocktail à la main moi je vous ldit !

Pour éprouver de la culpabilité, il faut avoir une conscience de soi et être en capacité de se mettre à la place d’autrui. Ok maintenant, repensez à Kiki qui s’amuse à se mordre la queue ou la patte, et qui sursaute quand il pète, vous me suivez …?

Ici, ce que le chien sait, c’est qu’une sanction l’attend ou en tout cas, que vous êtes plutôt de mauvais poil, à en lire vos expressions faciales, vos postures, vos intonations de voix… (Et oui, les chiens comprennent bien plus rapidement le langage corporel humain que certains humains eux mêmes ! Un comble non ?).

Et ce qu’il nous montre avec sa tronche de merlan frit, ce sont des signaux d’apaisement (ou plus globalement de communication), afin d’exprimer son inconfort et d’apaiser la situation = « Ok bon tu as pas l’air dans ton assiette aujourd’hui Robert mais sitouplait on peut pas juste prendre l’air et observer les papillons ? Les papillons c’est bien».

Deux études en particulier se sont intéressées au sujet qui intrigue et questionne depuis déjà fort fort longtemps :

En 1977, Vollmer a réalisé une étude sur la « culpabilité ». Il a demandé à l’humain d’une louloute appelée Nicki, de déchiqueter du papier (chose que la chienne avait l’habitude de faire), puis de la laisser seule avec le papier mis en morceaux et de revenir plus tard. Devinez qui avait notre fameuse tête de merlan frit alors qu’elle n’était coupable de rien… Hé oui, la petite Nicki (vous pensiez à son humain ?!).

Et en 2009, une étude d’Alexandra Horowitz, auteure de l’ouvrage “Inside of a Dog”, a décortiqué d’un peu plus près le « regard coupable » auprès de 14 chiens. Cette étude cherchait à savoir si les chiens exprimaient des comportements associés à la culpabilité lorsqu’ils avaient désobéis ou si le fait d’être réprimandé par leurs humains déclenchait l’expression d’un éventuel «regard coupable». L’idée était de déposer une friandise devant le chien, en lui interdisant de la manger, puis de quitter la pièce. En l’absence de leurs humains, certains chiens s’offraient un petit festin et d’autres n’y touchaient pas. Les personnes qui dirigeaient cette étude emportaient parfois les friandises (les saligauds). Au retour des humains, les « examinateurs » pouvaient délivrer la vérité ou non sur ce qu’il s’était passé. Ainsi, certains grondaient leurs chiens (qu’ils aient mangés la friandise ou que l’examinateur l’ait emportée) ou félicitaient leurs chiens. Les résultats de l’étude, basés sur les réactions des chiens, suggèrent que le « regard coupable » est en réalité une réponse à la réprimande de l’humain.

Bref, les études scientifiques n’ont, à ce jour, pas prouvé l’existence de la culpabilité chez le chien. Alors plutôt que d’agir sur les conséquences d’un comportement, attardons nous sur les causes afin de proposer des solutions alternatives à nos crevettes (Oui j’ai un nombre incalculable de petits surnoms pour nos amis les chiens) et de répondre à leurs besoins.

Il est souvent bien plus intéressant de montrer quoi faire plutôt que de montrer « quoi ne pas faire ».